UN PROJET DE REFORME INACCEPTABLE
Hier, le mardi 6 mai, les
partenaires sociaux ont été reçus par la ministre de l'Economie et le secrétaire d'Etat à l'Emploi. A l'ordre du jour : "l'offre valable d'emploi" qu'un chômeur ne pourrait pas refuser deux fois
sous peine de perdre ses indemnités Assedic. Le projet du gouvernement pourrait établir une définition variable selon le temps déjà passé au chômage. Les associations de chômeurs dénoncent une
volonté de "rendre les chômeurs responsables de leur situation". Malgré l'organisation de cette table ronde sur la réforme de l'assurance chômage,
les syndicats ont le sentiment d'avoir peu de marge de manœuvre face à la détermination du gouvernement pour définir une nouvelle offre «raisonnable» d'emploi et déposer un projet de loi avant
l'été.
Avant même le début des discussions qui ne devaient commencer que dans l’après-midi, Le gouvernement avait laissé filtrer les nouvelles règles à l'étude pour diminuer le montant des allocations des demandeurs d'emploi. Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, et Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, réunissaient le patronat et les syndicats à Bercy pour parler de l'indemnisation du chômage. Mais le gouvernement a d'ores et déjà donné des pistes de réflexion importantes. Selon ce projet, la notion d'"offre valable d'emploi" pourrait dépendre de la durée de la période de chômage. Plus on sera au chômage depuis longtemps, moins on pourra être exigeant.
Cette définition est déterminante puisque que les chômeurs n'auront pas le droit de refuser plus de deux fois une offre valable d'emploi sous peine de perdre les Assedic. Selon le projet du gouvernement, à partir de six mois de recherche d'emploi, un chômeur ne pourrait pas refuser plus de deux offres rémunérées 80% du salaire précédent et comportant moins de deux heures de trajet quotidien.
Au bout d'un an, ils devraient accepter tout emploi dans leur qualification, pourvu que le salaire dépasse l'allocation reçue qui représente le plus souvent 57,4% du salaire antérieur.
Le gouvernement a donc décidé de faire une grande messe et de définir unilatéralement les nouvelles règles et la définition de l'offre valable d'emploi, sans aucune précision sur le type de contrat de travail. Les associations de chômeurs ont jugé les sanctions envisagées inacceptables dans un pays où l’emploi fait défaut.
Les nouvelles règles envisagées, entraîneraient inévitablement une aggravation de la précarité puisqu’un travailleur qui perdrait son emploi et qui resterait 6 mois au chômage ne pourrait plus refuser une perte de salaire de 20 %. La répétition du phénomène entrainerait dans le temps une baisse importante de sa rémunération.
Pour la Réunion, outre la rémunération, le critère horaire qui défini comme raisonnable deux heures de trajet quotidien, pourrait emmener un chômeur à devoir accepter un emploi pratiquement n’importe où sur l’île. Par exemple, quand on parle de durée de trajet, s’agit-il du temps réel de trajet ou du temps de trajet théorique défini par un nombre de kilomètres ?
Toutes ces questions et tous ces problèmes restent pour l’instant sans réponse ni solution. Il est donc important de rester vigilant devant la volonté de casse sociale clairement exprimée par le gouvernement.
La Rédac
Les allocations familiales ne sont pas les seules aides aux familles à être dans le collimateur du gouvernement. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) prévoit en effet une « modulation » de l’allocation de rentrée scolaire (ARS). Vu que le gouvernement est engagé dans une course aux économies, les acteurs sociaux craignent fortement que cette modulation soit synonyme de diminution globale du montant de l’ARS versée aux familles. « Nous ne sommes pas opposés au principe d’une modulation, à condition qu’elle ne fasse pas perdre de l’argent aux familles », indique Jacqueline Farache, administratrice CGT à la Caisse nationale des allocations familiales.
Contrairement aux allocations familiales, qui sont versées tous les mois, l’allocation de rentrée scolaire est versée chaque année au mois d’août aux familles modestes, sous conditions de ressources. Destinée à payer les frais liés à la rentrée scolaire (livres, fournitures, etc.), elle concerne les élèves de primaire, collège, lycée ainsi que les apprentis, âgés de six à dix-huit ans. À l’heure actuelle, on dénombre près de 2 800 000 bénéficiaires pour un coût de 700 millions d’euros par an.
La principale crainte des associations et syndicats, c’est que l’État rogne sur l’aide versée aux élèves de primaire. Cette subvention s’élève actuellement à 272 euros par enfant. « Le gouvernement pourrait considérer que les frais sont moins élevés en primaire et que 272 euros représentent un montant excessif. C’est oublier qu’une rentrée, c’est aussi habiller l’enfant, payer les assurances, la cantine, etc. Il y a tout un tas de frais annexes aux cahiers », explique Jacqueline Farache. Les acteurs sociaux, à commencer par la CGT, estiment d’ailleurs qu’il ne faut pas que l’allocation des primaires soit inférieure à 272 euros, mais il faut aussi qu’elle soit revalorisée pour la prochaine rentrée en raison de l’inflation, de même que celle destinée aux collégiens et lycéens. Sachant que si l’ARS était diminuée, il y a de fortes chances que l’argent économisé ne serait pas reversé aux autres tranches d’âge. « On risque d’assister au même tour de passe-passe que pour les allocations familiales », prévient la syndicaliste, qui appelle les parents à se mobiliser. D’autant que le décret d’application de cette modulation risque d’arriver très vite, avant l’été, l’ARS étant versée en août.
Le gouvernement UMP vient encore une fois de diminuer le pouvoir d’achat des familles. En effet, en toute discrétion cette fois, nous assistons à la faveur d’une disposition passée quasi inaperçue, à une diminution des allocations familiales, symbole depuis plusieurs décennies de la politique familiale à la française. Les allocs seront donc revues à la baisse à compter du 1er mai. Sous prétexte de simplification du système la réforme devrait se traduire par un manque à gagner de 600 euros par enfant.
Cette réforme met en œuvre une seule
« surallocations d’âge » à 14 ans limitée à 60 euros en remplacement des deux actuelles (une à 11 ans de 32 euros et une autre à 16 ans de 60 euros). Cette simplification bidon
permettra à l’Etat d’économiser 138 millions d’euros par an sur le dos des familles qui perdront plusieurs centaines d’euros par adolescent âgé de 11 à 18 ans.
Par les temps qui courent, cette réforme est en fait une nouvelle agression sur
le porte-monnaie des ménages d’autant qu’elle intervient en pleine polémique sur le pouvoir d’achat et alors qu’un conditionnement du versement de ces mêmes allocations
aux revenus des foyers reste d’actualité.
Après avoir en 2007, fait un cadeau fiscal aux familles les plus aisées, (cadeau représentant 14 milliards d’euros), le gouvernement veut réaliser des économies sur le dos de l’ensemble des familles et surtout sur les plus modestes pour qui les allocations familiales représentent une part importante du revenu mensuel.
A la Réunion, plus qu’ailleurs la situation de précarité partagée par de nombreuses familles va faire que cette mesure aura des conséquences importantes voir graves sur les conditions de vie de nombreux enfants.
Cette nouvelle agression des acquis sociaux des familles vient avant celle
envisagée par le gouvernement sur l’Allocation de Rentrée Scolaire (ARS) et montre bien sa volonté d’opérer des économies sur le dos des familles.
Il est donc nécessaire de mettre en place une vigilance de
tous les instants et de tout faire pour résister à la reprise de la casse sociale déjà commencée sous Raffarin et Villepin.
Etang-Salé, Réunion, le 17 avril 2008
Décès de Monsieur Aimé Césaire.
Nous apprenons à l’instant le décès de Monsieur Aimé Césaire, mort ce matin à l’âge de 94 ans au CHU de Fort de France. Malgré le fait que chacun parmi nous s’attendait, depuis l’annonce de son entrée à l’hôpital dans un état jugé critique, à la triste nouvelle de sa disparition, nous sommes profondément émus et attristés de voir partir un monument incontournable de la vie politique de la Martinique, de l’outre-mer mais aussi de la France toute entière.
Son combat pour forger avec certains de ses compagnons comme Léopold Sédar Senghor, à partir des années 30, le concept de « négritude », la conscience de l'identité noire, la "fierté d'être nègre" et de revendiquer ses origines africaines a fait de lui une figure emblématique de la lutte contre de colonialisme et le racisme.
Son engagement auprès d’autres députés de l’après guerre pour faire de son île, La Martinique, mais aussi de La Guadeloupe, de la Guyane et de la Réunion des départements français à part entière fait de lui l’un des pères et le dernier à nous quitter de la loi de départementalisation de 1946.
Nous disons donc adieu à ce poète remarquable et présentons toutes nos condoléances à sa famille et à tous ses proches.
Pour le groupe « Etang-Salé Unie »
Fabrice HOARAU
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, chers ami(e)s,
Les élections municipales ont livré leurs secrets et mis en évidence la très nette volonté de changement de la population Réunionnaise. La gauche prend 9 communes à l’UMP et le Modem en prend une. Parmi celles-ci notons les communes de Saint Louis, Saint Paul, Saint Denis et Saint André.
A l’Etang-Salé, le résultat a montré qu’une majorité d’entre vous a souhaité renouveler sa confiance au maire UMP sortant et même si nous le regrettons, nous l’acceptons. C’est ça la démocratie. Par ailleurs nous tenons aussi à vous féliciter pour l’intérêt que vous avez porté au débat et à ces élections, puisqu’il y a eu sur l’Etang-Salé une très bonne participation (77,75 %).
Pour ma part, je tiens personnellement et au nom de toute mon équipe à remercier toutes les électrices et tous les électeurs qui nous ont fait confiance dès le 1er tour du 9 mars. Notre résultat, qui est en augmentation par rapport au 1er tour de mars 2004, révèle que nous sommes de plus en plus nombreux à souhaiter le changement.
Cependant, ce résultat est aussi en partie la conséquence de mon absence sur le terrain durant pratiquement toute la campagne officielle. En effet, j’ai contracté un important pneumothorax le 22 février qui m’a valu une hospitalisation de dix jours. De retour le 3 mars je suis depuis cette date encore en convalescence. Je n’ai donc pas pu venir vous rencontrer comme je l’aurais dû car même lors de la dernière semaine mon état de santé me permettait que de prendre la parole lors des réunions publiques du soir. Ce problème de santé maintenant résolu, qui a largement et bassement été utilisé lors de la campagne, a laissé le champ libre au maire sortant. En effet, ajouté à mon absence déjà préjudiciable, mes adversaires ont utilisé la situation en faisant courir toutes sortes de rumeurs jusqu’à celle de mon décès. Cela a largement contribué à déstabiliser l’électorat et ne nous a pas permis d’atteindre le 2ème tour de scrutin.
Malgré le formidable travail réalisé par mon équipe, militants et colistiers, je comprends bien que j’ai, personnellement, manqué ce rendez-vous important que j’avais avec vous et avec l’ensemble de la population. Le destin en a voulu ainsi et l’on ne peut qu’accepter la volonté de Dieu.
Nous avons donc perdu cette bataille de 2008 mais celle-ci nous aura permis de construire une équipe jeune et dynamique qui souhaite, maintenant, s’investir pour l’avenir. Nous allons donc continuer notre combat pour l’Etang-Salé selon nos convictions et avec notre cœur.
Nous serons donc présents, comme depuis 2001, pour représenter une opposition constructive mais déterminée et pour veiller au respect des engagements de la majorité.
Sincères salutations.
Fabrice HOARAU
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